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Insolite
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Paru le 28 juin 2008 -
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Génération baby boom
Un autre univers
Qui n’a jamais rêvé de passer une nuit au
sommet des montagnes ? C’est ce que propose la célèbre station
d’observation du Pic du Midi, dans les Pyrénées. Un voyage au coeur des
planètes, dans un autre monde, fait de blanc et d’espace. Un premier pas
vers les confins de notre univers...

Le Pic du Midi de Bigorre est un site
connu pour son observatoire et pour le paysage exceptionnel qu'il offre
depuis ses terrasses. Il est aussi l'exemple de la ferveur des hommes
pour construire, entretenir et sauvegarder ce lieu d'exception. Depuis
135 ans, les chercheurs étudient en particulier le soleil et les
planètes, profitant de la pureté de l'air et d'une lumière particulière.
Ouvert depuis 2000 au grand public, il accueille des visiteurs désireux
de contempler un panorama classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, mais
aussi de partager les recherches des scientifiques et d'observer le ciel
nocturne. Il est possible, selon ses envies, de rester une journée, une
soirée et même, privilège réservé à un petit nombre, une nuit entière.
5 km de couloirs
Fin mai, arrivée à la Mongie. Il
pleut. Quel temps va-t-il faire là-haut ? La montée en téléphérique
s'effectue dans le brouillard. Peu à peu la pluie fait place à la neige
et l'arrivée au sommet nous plonge au coeur de l'hiver. Vingt
centimètres de neige immaculée recouvrent la terrasse et les coupoles.
Au-delà, que du blanc !
Nous avons le sentiment d'être perdus aux confins de l'univers, coupés
de tout, même si les portables fonctionnent et si nous avons été
avertis, lors du goûter, de toutes les précautions prises par l'équipe
pour notre sécurité. La tête tourne un peu : le mal des montagnes ? Ou
l'ivresse du dépaysement ? Nous suivons des couloirs, nous descendons
des escaliers, c'est un vrai labyrinthe : cinq km sur six niveaux ! Nous
prenons possession de nos chambrettes, étroites et très simplement
agencées. Et, derrière la fenêtre, le brouillard blanc. Le mystère !
Il faut retrouver seuls le chemin, hésitations et rires. Nous voilà
repartis dans de nouveaux couloirs pour accéder à la coupole qui abrite
le coronographe. Une des spécialités du site est l'étude du soleil. Le
technicien nous explique le fonctionnement et nous montre des vidéos
d'éruptions solaires : un pas de plus dans l'inconnu.
Un
repas délicieux nous est servi dans une ambiance à la fois studieuse et
décontractée. Les questions fusent et trouvent leurs réponses, qu'elles
concernent l'activité du site, les observations ou les prouesses pour
cuisiner à cette altitude. Un regard sur le ciel. Un semblant
d'éclaircie nous fait espérer une observation possible. En attendant, la
visite du musée nous permet de découvrir l'histoire du site, les travaux
entrepris dès 1880 et les actes de bravoure des habitants de la vallée,
ces « forçats du Pic » qui ont monté, à dos d'hommes ou de mulets, les
matériaux nécessaires à l'édification des bâtiments.
Le plus grand télescope
de France
Un coup d'oeil au ciel ! Le
brouillard s'obstine. Il faut se résoudre à aller se coucher. 5h30.
Derrière l'étroite fenêtre, les pics se dessinent ; enfin de quoi
peupler le vide ! Je me précipite sur la terrasse. Les premières lueurs
de l'aube révèlent la plaine à nos pieds et, de l'autre côté, les
montagnes enneigées. Nous restons là longtemps, pris dans le silence.
Peu
à peu, le ciel bleu dévore les nuages, mais la neige et les stalactites
vibrent encore au soleil. Le spectacle promis est au rendez-vous : les
Pyrénées se dévoilent dans leur totalité. Moment unique. Mais la visite
doit continuer. Nous reprenons d'autres couloirs jusqu'à la coupole qui
abrite le télescope de 2 m, le plus grand de France. De la passerelle,
on découvre la totalité du site avec ses coupoles scintillantes au
soleil. Mais le bruit du premier téléphérique vient rappeler qu'il faut
partir. La descente s'effectue dans le silence, les yeux rivés sur les
pentes où s'accroche encore la neige. Nous voilà de retour dans notre
monde !
Martine Borsi
Pas trop téléphérique ?
Si
le coeur vous en dit, et si vous avez du souffle, vous pouvez emprunter,
à pied, le « Chemin des porteurs » au départ d'Artigue. Attention : 1300
m de dénivelé, environ 4h30.
Plus facile mais moins exaltant : un large chemin qui monte depuis le
col du Tourmalet.
Les sportifs très entraînés peuvent descendre en VTT ou à ski. Un
plaisir rare. Mais, amateurs s'abstenir absolument !
Paré pour le décollage ?
Pour embarquer sur ce « vaisseau
des étoiles », trois solutions.
• Journée découverte au sommet.
Pour découvrir le panorama, visiter les installations et le musée,
découvrir les travaux de recherches. Tarifs : 30 et 21 € comprenant la
montée et la visite du site.
• Soirée dans les étoiles, selon l'actualité du ciel.
Aux visites proposées dans la journée s'ajoute la possibilité d'assister
au coucher de soleil puis, après le repas de spécialités régionales, aux
observations du ciel nocturne à l'oeil nu ou avec instruments. Soirées
en août dans le cadre de la Nuit des étoiles. On peut monter dès le
matin, retour après 23h. Tarifs : 80 et 42 € tout compris.
• Nuit sur le toit des Pyrénées.
Pour 19 privilégiés : coucher et lever de soleil, observations toute la
nuit. Tarifs : 199 € en individuel, 299 € pour deux, tout compris.
Contact
Tél. : 0 825 00 28 77 -
www.picdumidi.com
Dates d'ouverture sur le site. Précautions : vêtements chauds, voire
très chauds, lunettes de soleil, crème protectrice. Le temps est très
changeant. Ascension déconseillée aux cardiaques, femmes enceintes et
enfants de moins de 3 ans. Site accessible aux personnes à mobilité
réduite.
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