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Avec
mes
petits-enfants
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Paru le 28 juin 2008 -
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Génération baby boom
Devoir
de mémoire
Proposition insolite que cette virée, toutes
générations confondues, dans la Meuse. Une fois n’est pas coutume, nous
promettons à nos chères têtes blondes un voyage au coeur de l’Histoire,
entre gourmandise et émotion. Direction Verdun, Capitale mondiale de la
paix.
Quel est le point commun entre
une dragée, un célèbre cimetière militaire et un village du XIXème
siècle ? A priori aucun. Et pourtant, dans l’est de la France, une ville
réussit le pari de rassembler les trois : Verdun ! Verdun, dans la
rubrique « Avec mes petits-enfants » ? Verdun, célèbre champ de
bataille, qui voit davantage défiler les cars d’anciens combattants que
des cohortes de garnements. Et pourtant, devoir de mémoire oblige, il
n’y a pas meilleur symbole pour tisser un lien entre les générations.
D’autant que la ville a su tirer profit de son histoire en l’adaptant au
goût du jour... Une destination remarquable à bien des égards, à
découvrir forcément en famille. Et qu’on n’aille pas dire qu’il fait
mauvais dans l’Est. La France menace de couler sous les flots mais à
Verdun règne un soleil généreux. Le programme du week-end est chargé
mais il faut y aller crescendo. D’abord commencer par une visite que les
enfants ne seront pas en mesure de refuser. C’est là toute la stratégie
du grand-parent futé qui doit, pour tenir 48 heures, appâter le «
chaland junior ». C’est à la dragée qu’est confiée cette mission
d’introduction.
Le secret de la dragée
Car peu de gens le savent mais c’est à Verdun qu’est née la dragée. En 1220, un droguiste de la ville a l’heureuse idée de revêtir une amande d’une couche de sucre et de miel pour la durcir et la transporter plus facilement. En 1660, Colbert écrit au Roi : « Il se fait à Verdun grand commerce de dragées ». Encore quelques siècles
et mésaventures, notamment la destruction des
usines en 1916, durant la bataille de Verdun,
avant que ce bonbon ne revienne à des plaisirs
plus cléments. C’est l’établissement Braquier qui
nous initie aux secrets de cette confiserie séculaire,
à travers une visite très complète (musée,
projection d’un film, découverte des ateliers...).
Nous sommes samedi et malheureusement les
machines sont au repos mais l’odeur de sucre
et les évocations de ces bonbons raffinés suffit
à mettre nos papilles en éveil. Le clou du spectacle
: l’obus en chocolat. Imaginez le concept :
vous remplissez un obus en chocolat de cadeaux
et friandises. Vous laissez dépasser une petite
mèche, vous allumez et, en un coup de semonce,
l’obus éclate, répandant ses trésors... Un peu cher
mais le cadeau idéal pour les mariages, anniversaires
et grands évènements... Les enfants
adorent ! Un dernier détour par les magasins
de l’usine : les enfants succombent. Impossible
de résister devant une telle abondance de friandises.
L’amande se pare de chocolat, se love dans
le nougat, la noisette se noie dans le sucre... Il
faut quitter les lieux au plus vite, trop de tentations
!
En voiture dans la citadelle souterraine
On ne pouvait rêver meilleur préambule. Les
enfants sont sous le charme, désormais hyper
malléables, comme du bon sucre caramélisé.
Pour notre deuxième étape, changement de
registre. Nous abandonnons les univers glucosés
pour nous enfoncer dans les ténèbres, les
entrailles de la Citadelle souterraine. Ce bâtiment
magistral fut édifié par le
célèbre Vauban, fortificateur de
talent. Quelques siècles plus tard,
cette place forte, réaménagée par
l’armée, devient le centre logistique
de la place de Verdun. Désormais,
les tourments de la
guerre ont laissé place à un périple
insolite. En effet, les visiteurs sont invités à embarquer dans une drôle
de voiture radioguidée pour découvrir les
galeries. Un système novateur qui
réjouit les jeunes générations et soulage
les jambes des anciens.
Notre « carrosse »
nous conduit au coeur d’une histoire
trépidante proposée à travers
une multitude de reconstitutions et
d’hologrammes. On y apprend que la
citadelle pouvait abriter 2 000 hommes
mais aussi des magasins de poudre, de
munitions, une boulangerie, une centrale
télégraphiste. Dès 1914, on y aménage
des bureaux, des chambres d’officiers.
Dans la pénombre, la bataille fait rage,
bruits de canons, cris de détresse.
Juste le temps de faire une
petite visite du centre ville,
plutôt inattendue. On
s’attend à découvrir une cité
de garnison et Verdun
s’offre des airs de cité balnéaire
avec son port de
plaisance, ses quais, ses restaurants
et son magnifique
« geyser ». Surprenant !
Mais direction le village
des irréductibles gaulois à
quelques kilomètres de là.
Le refuge idéal pour passer
une soirée avec des enfants, au coeur du « champ de bataille ». Le Village gaulois
(à Marre) est en réalité un hôtel composé
de huttes en toit d’ardoise. Anachronique mais
terriblement original !
Emotions dans la zone rouge
Verdun est évidemment mondialement connu
pour la bataille décisive de 1916 qui scella le
destin de la Grande Guerre. La matinée du
dimanche est donc placée sous le signe du
recueillement. Leçon d’histoire et d’humanité
in situ qui, bien loin de déplaire à deux ados
du XXIème millénaire, les plonge dans une
émotion inattendue. Il est vrai que le décor de
l’ossuaire de Douaumont, au coeur de la « Zone
rouge » peut laisser pantois les générations
issues d’une France pacifique. C’est ici que reposent
les restes de 130 000 soldats français et
allemands.
Les enfants déambulent dans ce parterre
de croix blanches, lisant avec respect le
nom de ces jeunes sacrifiés, à peine plus
âgés qu’eux. Une immersion nécessaire,
qui permet de briser quelques chimères :
non la vie n’est pas qu’un jeu ! Pénétrés
d’une nouvelle vision de l’humanité, ils
tiennent ensuite à faire un détour par la
Tranchée des baïonnettes. Elles ont disparu,
convoitées, volées mais le souvenir reste
entier... Dans le silence de cette forêt désormais
paisible, les enfants peinent à imaginer
le chaos, les souffrances, le froid.
A quelques
kilomètres de là, à Mogeville, on a reconstitué
une tranchée à l’identique selon les règlements
d’époque et les nombreuses photos
(ouverte tous les jours sauf le lundi, de 14 à
18h, de juillet à septembre, entrée libre).
Un village d’antan
Après cette séquence émotion, nous continuons
notre voyage dans le temps, vers des évocations
plus réjouissantes. Non loin de là, est né
un endroit insolite : le Village des vieux métiers
d’Azannes (article complet en page 50). Près
de 400 bénévoles convient les visiteurs,
chaque vendredi de juillet (et tous les
dimanches de mai), sur le site de la ferme des
Roises, au coeur de 17 hectares de forêts et de
plaine. Sabotier, vannier, dentellière, meunier,
charron... Pas moins de 80 métiers du XIXème
siècle, la plupart en voie de disparition, reprennent
vie pour le plus grand bonheur des visiteurs.
Les enfants n’en perdent pas une miette
et, pour une fois, la Playstation reste au placard
! Merci la Meuse.
Marie Kristek
Verdun, 1 heure en TGV
La nouvelle ligne du TGV Est européen dessert les villes de Bar-le-Duc (1h40 depuis Paris) et Meuse TGV (1h) située à 25 km de Verdun. Bar-le-Duc est également desservie par TER en 2h20 depuis Paris. Au total, 7 dessertes quotidiennes assurent la liaison avec la Capitale (263 km par la route).
La Meuse en camping-car
Le camping-car, moyen de locomotion fétiche des seniors globe-trotteurs, est à l’honneur dans le département. Les rives du lac de Madine accueillaient d’ailleurs, le 1er juin dernier, la 10ème fête européenne du camping-car. Fort de cette implication, le CDT de la Meuse lance un nouveau plan à leur intention avec des dizaines d’aires de service mises à disposition. Une carte recensant tous les contacts utiles (aire de stationnement, pompes à essence, campings...) et des itinéraires touristiques à découvrir en priorité est également disponible auprès des offices de tourisme.
Contacts
• Maison du tourisme de Verdun
Tél. : 03 29 86 14 18 - www.verdun-tourisme.com
• Comité départemental du tourisme de la Meuse
Tél. : 03 29 45 78 40 - www.meuse.fr - www.tourisme-meuse.fr
• Village des vieux métiers d’Azannes (lire le
sujet complet,
rubrique Partage)
Ouvert les vendredi 11, 18 et 25 juillet, 1er, 8 et 15 août de 14 à 18h.
Tél. : 03 29 85 60 62 - www.vieuxmetiers.com
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