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Jardin malin
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Paru le 18 avril 2008 -
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Génération baby boom
Un mini
potager bien carré
Néophyte, vous aimeriez commencer
tout petit. Votre terrain est si exigu qu’il interdit l’installation d’un
vrai potager. Vous souhaitez initier vos petits-enfants. Dans tous les cas,
la méthode américaine du potager en carrés est faite pour vous ! La preuve
par neuf.

C’est un jardinier américain,
Mel Bartholomew, qui a inventé le principe du potager en carrés. Son livre,
Square foot gardening, paru en 1981, détaille une méthode fondée
sur des cases de 30 cm de côté. On sème ou on repique dans chacun de ces
carrés, et non plus en rangs, un tout petit nombre de légumes – par exemple
4 laitues, 1 plan de tomates ou 9 carottes – qui sont renouvelés rapidement.
Ces petites cases sont regroupées en carrés, par exemple de 1,20 m de large,
soit 16 modules. Ce dispositif est placé au sol dans le jardin. Un peu plus
petit (0,90 m soit 9 cases), il prend la forme de maxi jardinières, idéales
pour les balcons et terrasses. Pour les jardiniers ayant des problèmes de dos ou de mobilité, il peut être surélevé pour permettre de travailler confortablement assis. Les avantages sont évidents : il n’y a plus à creuser ou retourner la terre puisque quelques petits outils à main suffisent. Les arrosages sont très réduits. Oubliée aussi la corvée de l’éclaircissage. Les mauvaises herbes sont nettement moins nombreuses. Au total, des efforts réduits au minimum.
Pas cher et écolo
Et les inconvénients ? Le principal concerne la fertilité. Chaque case est cultivée intensivement et nécessite des apports continuels d’humus. La méthode Bartholomew doit donc être complétée par la fabrication maison d’un compost. Comme la superficie des carrés est réduite, le jardinier peut espérer produire suffisamment de déchets organiques (déchets de cuisine, de taille, coupe de gazon, feuilles mortes…) à composter, ce qui n’est pas le cas d’un potager classique. On pourrait, bien sûr, acheter des engrais mais alors le jardinage reviendrait cher, deviendrait anti-écologique et l’on perdrait un des grands bénéfices de la méthode : son coût minime !
Varier les plaisirs
L’autre inconvénient est plus technique : faire revenir continuellement les mêmes cultures sur une même surface engendre un épuisement du sol, les plantes croissent moins bien, elles deviennent fragiles, d’où l’apparition de maladies. C’est pourquoi la méthode repose sur la rotation des cultures. Le plus simple est de partir d’une classification des plantes en 4 catégories, selon la partie que l’on consomme (feuilles, fruits, racines, graines...) puisant des éléments différents, en plus ou moins grande quantité. Il est important d’alterner les cultures gourmandes (tomate) et frugales (laitue). Un conseil : tenir un carnet pour ne pas oublier les cultures précédemment plantées.
Les légumes à éviter
Enfin, la méthode Bartholomew privilégie les légumes ne prenant pas trop de place et poussant rapidement. Sont à exclure : les légumes pérennes comme les artichauts et la rhubarbe. La pomme de terre ne réussit pas avec une telle méthode. Les petits pois nécessitent une vaste surface pour obtenir une récolte appréciable. Un pied de potiron prend trop de place.
Le jardin en carrés n’est pas une méthode miracle, mais 2 carrés de 16 cases suffisent pour apporter à un couple tous les légumes tout au long de l’année. Avec un minimum d’efforts physiques et de dépenses.
Gérard Sasias
Facile à fabriquer
• La fabrication est à la portée de tous. Choisir des planches épaisses
(au moins 2 cm d’épaisseur) et larges d’une quinzaine de centimètres : des
planches de coffrage en sapin naturel conviennent parfaitement. Ne pas traiter
car les produits toxiques pourraient contaminer la terre. Ces caisses peuvent
durer une petite dizaine d’années, l’investissement est minime. On peut
aussi faire découper des panneaux de contreplaqué extérieur ou des panneaux
OSB résistant à l’humidité pour une plus grande durabilité.
• Ces planches sont assemblées par des équerres métalliques ou des tasseaux
de bois vissés dans les angles.
• Dans le cas d’un carré à poser sur un balcon ou une terrasse, il faut
un fond : choisir du contreplaqué « marine », plus onéreux que la qualité
« extérieur » mais seul à pouvoir résister à une humidité permanente. En
prévoyant une dimension du fond légèrement supérieure aux côtés, il n’est
pas nécessaire de le fixer à ceux-ci.
• Doubler avec un voile de drainage pour que la terre ne coule pas sur le
balcon.
• L’espace des carrés est compté, mais certains légumes peuvent être
palissés pour pousser en hauteur : installer un treillage sur le côté nord
du carré.
Quels légumes et combien ?
Entre parenthèses : nombre de plants par case de 30x30 cm
• Légumes-racines :
betterave (5), carotte (9), radis (9), chou-rave (1), navet (5)
• Légumes-feuilles : épinard (9), laitues pommée, romaine, à couper (4), chicorée (4), mâche (16), chou de chine (4), chou pommé (1), chou-fleur ou chou brocoli (1), poireau (9), roquette (5), épinard (5)
• Légumes-fruits : tomate (1), concombre palissé (1), courgette coureuse palissée (1), aubergine (1), melon (1)
• Légumes-graines : haricot vert (5), pois mangetout palissé (4), fève (5)
En savoir
plus
• Site internet de Mel Bartholomew :
www.squarefootgardening.com
On y trouve des photographies avec des idées d’installation très variées.
• Le site français
www.jardinpotager.com
donne quelques renseignements pratiques.
• L’Art du potager en carrés par Eric Prédine et Jean-Paul Collaert,
chez Edisud, 15 € (2007).
C’est une adaptation pour le public français de la méthode Bartholomew,
détaillant en particulier les choix d’espèces et la rotation des légumes
tout au long de la saison, ainsi que la fabrication du compost.
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